Voilà que Zéro me demande de dévoiler à la face du monde mon insondable inculture. N'écoutant que mon courage, je vais dévoiler à la face du monde cette couche étalée très fine de culture qui ne me restera sûrement même pas quand j'aurai tout oublié.
Épreuve numéro une: le cinéma
Au classement des cent plus beaux films du cinéma, j'en ai vu seize. Transposé sur vingt, ça fait 3.2/20, autant dire: minable. Et dire que je perds mon temps à aller voir (au Kinépolis, tu vois le genre) une daube comme Australia... J'ai rarement vu un film aussi creux et ronflant. Je ne me souviens plus du dernier bon film que j'ai vu: La jeune fille à la perle? Blackboard jungle? Pas de printemps pour Marnie? Les grandes vacances? Bref: allez vous coucher. Sinon Netflix, c'est génial quand on a un petit bébé à la maison.
Deuze: les livres
Comme tout mauvais lecteur, je fréquente quelques livres, et j'en lis assez peu. Et comme tout lecteur snobinard, j'aime beaucoup les beaux livres en particulier ceux de chez Gallimard. L'odeur du beau papier et le plaisir des beaux ambages me comble autant que les bons mots. Dans les auteurs, j'aime assez les pointes sèches: Zola, Giono, Modiano. Le dernier me bouleverse presque physiquement. Sinon, le père Noël m'a rapporté un essai sur le pétrole en Lorraine. Une gourmandise. De la BD rigolote avec modération, du coffee table book aussi, mais sans les ramages qui vont avec.
Tertio: géographie
Drôle de rubrique. Est-ce que je connais mes départements, mes capitales, mes fleuves et mes montagnes? Moui, comme tout le monde. J'ai un peu de mal avec les nouvelles républiques soviétiques, euh, comme tout le monde. Sinon, rien ne vaut un bon voyage.
Quatrième manche: les mathématiques
N'en déplaise à mon prof de Math Spé, à l'auge duquel j'étais un cancre, je me suis toujours senti assez à l'aise en mathématiques. Je sais néanmoins que je n'ai pas la fibre des maths, celle que seuls certains génies possèdent et qui s'accompagne d'une faculté sublime de "voir" les abstractions. L'algèbre, j'aime et je comprends; j'ai toujours eu du mal en analyse. Dans mon boulot, il y a deux types d'ingénieurs: ceux qui ont une peur traumatique des maths et les autres. J'espère faire partie de la deuxième sorte. A part ça, cocorico, j'ai toujours eu l'impression qu'aux yeux du reste de la communauté scientifique, les français ont toujours leur réputation de fines lames des mathématiques. Moi, modestement, je bricole.
Et pour finir: cuisine
Ahem. On se débrouille, on ne meurt pas de faim... Des gâteaux, des crêpes, des trucs faciles. Faut pas avoir fait science-po pour savoir râper des carottes. Quand ma belle-mère a débarqué à San Francisco avec une cocotte minute high-tech, nous avons compris Hélène et moi qu'une étape importante venait d'être franchie dans nos vies: la fin du règne tout-puissant des pâtes à rien. Depuis, on grossit.
A vous Cognacq-Jay.
OK, OK, je vous entends d'ici. Ne faites pas les vierges effarouchees, vous aussi, un beau jour, on vous a envoye des chaines de trucs a faire sous peine de voir se produire un cataclysme interplanetaire. Et vous aussi, et moi le premier, vous vous etes dit ceci: "groumph". Ceux qui me lisent assidument savent que je repugne a me devoiler trop sur cette toile (je rappelle que ce site a commence, en realite, en juin 2003, les archives non-formatees etant la). Il m'arrive meme de mentir, pour brouiller les pistes et parce qu'en secret, je raille volontiers le ton candide des beaux blogs si sinceres. L'horrible personnage que voila. Je ne souffrirais cependant point d'etre taxé de cynisme, loin de moi cette petitesse, J'ai bien assez d'autres defauts.
Donc, voila l'idee: aujourd'hui, sous vos yeux ebahis, je vais reveler cinq trucs que je ne dis jamais, ni a mes juges, ni a mes medecins, ni a mes chevaux. Avouez que vous ne serez pas venu ici pour rien, merci a pas.longtemps. Regle d'or, je vais essayer d'eviter les fausses revelations, comme "je porte mes chaussettes depareillees". Notez aussi que cela participe d'une petite campagne de fraternisation internautique, et cela tombe assez bien car je cherchais le moyen de planter ici quelques graines de cette poesie qui passe par les trous de serrures et s'echappe en faisant des petits bruits doux de souris qui trotte. Vous vouliez des revelations choc, en voila.
1 - Par principe, et pour faire planer le mystere, je ne mets jamais de photo de moi en ligne. En tout cas, pas de photos ou je suis reconnaissable. Je fais ca pour ne pas associer de visage a ce site. Il m'est arrive d'etre parfois surpris par le decalage entre la plume d'un auteur, journaliste, ecrivain, bloggeur, et son apparence physique. Parfois en bien (Jacques Chessex), parfois en mal (Amelie Nothomb). J'ai longtemps refuse de regarder a quoi ressemblaient Constance Chaillet et Steve Jones, a mon avis les deux plus belles voix de la radio. Avec un timbre de voix aussi beau, une elocution aussi claire, et un vocabulaire aussi elegant, Constance Chaillet ne pourra jamais etre autrement que miraculeusement belle. Bref, premiere revelation du jour donc, une demi-photo de moi qui risque de disparaitre assez vite de la toile.
2 - Deuxieme truc: j'ai joue Highway to HellFor Whom the Bell Tolls a mon premier concert. Je jouais (je joue toujours) de la batterie, il y avait Seb a la basse, Jean-Marc (aka Cyanur) Fabien de Canal+, et Eric aux guitares, Jerome au Casio, et Coco au chant. Heureusement, il n'avait pas encore vraiment mué. Je n'ai jamais plu touche terre apres ce live qui se solda par des trombes d'applaudissements, des filles en furie (meme des grandes de terminale), la gloire et le respect aupres de tous nos condisciples et enseignants. Si les chevilles ont desenfle depuis, je reste en manque perpetuel de cette adrenaline de concert. C'etait en 4eme, a la fete du lycee-college Ausone a Treves, le 12 juin 1993. On a mange un McDo en rentrant le soir apres le concert en se prenant pour des hardos. Un souvenir que je cheris particulierement.
3 - Je parlais plus tot du lycee Ausone de Treves, et cela m'amene a ma troisieme revelation du soir: je suis né en Allemagne, dans une belle region du Rheinland-Pfalz. J'appartiens a cette frange tres particuliere de la population francaise que sont les FFA (Forces Francaises en Allemagne). Mon pere enseignait dans l'ecole de la garnison. Je suis tres attache a ces souvenirs allemands, et ils suscitent chez presque tous les FFA une nostalgie forte et incomprehensible pour qui n'a pas connu cela. Presque rien ne reste de ces cités francaises ou nous avons habite, les ecoles, les magasins, les parcs de jeu, tout a ete rasé ou est en train de l'etre. Je garde une tendresse particuliere pour le cinema allemand (Schultze gets the Blues, Lola Rennt), la poesie allemande (Goethe, Shiller, Heine), les romans allemands (Heinrich Boll, Thomas Mann), et le vin de Moselle. Mais je me soigne.
4 - Toujours sans transition, quatrieme revelation, j'ai eu 19/20 au bac en histoire-geo. A cause de ce que j'expliquais dans la revelation numero trois, j'ai du emigrer a Thionville puis Metz pour le lycee. J'etais interne "au Fabert". Il souffle sur ce lycee un air napoleonien tres fort, a la croisee la discipline spartiate et l'esprit des lumieres. J'y ai tout appris, y compris a faire preceder les noms propres d'un article defini (ex: le Sebastien, la Stephanie). Du coup, j'ai eu 10/20 en patin a glace et encore, la prof m'aimait bien parce que je lui refilais toutes les cartes de telephone que j'epuisais a telephoner a longueur de soiree dans la cabine de l'internat. Je ne vous dirai pas a qui se destinaient tous ces coups de fil, curieux.
5 - Derniere revelation, je reve de travailler aux Nations Unies ou a la commission europeenne. Je suis tres idealiste, et je crois fermement que la politique est dans tout. Et ca valait le coup d'etre dit ici. Voila. Kofi or Angela, if you read this and you think I could be of any use, drop me a line: septembre@gmail.com.
J'oubliais, il faut que je choisisse cinq victimes.. le choix est rude. Allez: Friscoteque, Aelle, Zero, Sixtiz, et SOS. Evidemment, je n'enverrai rien, j'attendrai de voir s'ils y viennent tout seuls.
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