OK, OK, je vous entends d'ici. Ne faites pas les vierges effarouchees, vous aussi, un beau jour, on vous a envoye des chaines de trucs a faire sous peine de voir se produire un cataclysme interplanetaire. Et vous aussi, et moi le premier, vous vous etes dit ceci: "groumph". Ceux qui me lisent assidument savent que je repugne a me devoiler trop sur cette toile (je rappelle que ce site a commence, en realite, en juin 2003, les archives non-formatees etant la). Il m'arrive meme de mentir, pour brouiller les pistes et parce qu'en secret, je raille volontiers le ton candide des beaux blogs si sinceres. L'horrible personnage que voila. Je ne souffrirais cependant point d'etre taxé de cynisme, loin de moi cette petitesse, J'ai bien assez d'autres defauts.
Donc, voila l'idee: aujourd'hui, sous vos yeux ebahis, je vais reveler cinq trucs que je ne dis jamais, ni a mes juges, ni a mes medecins, ni a mes chevaux. Avouez que vous ne serez pas venu ici pour rien, merci a pas.longtemps. Regle d'or, je vais essayer d'eviter les fausses revelations, comme "je porte mes chaussettes depareillees". Notez aussi que cela participe d'une petite campagne de fraternisation internautique, et cela tombe assez bien car je cherchais le moyen de planter ici quelques graines de cette poesie qui passe par les trous de serrures et s'echappe en faisant des petits bruits doux de souris qui trotte. Vous vouliez des revelations choc, en voila.
1 - Par principe, et pour faire planer le mystere, je ne mets jamais de photo de moi en ligne. En tout cas, pas de photos ou je suis reconnaissable. Je fais ca pour ne pas associer de visage a ce site. Il m'est arrive d'etre parfois surpris par le decalage entre la plume d'un auteur, journaliste, ecrivain, bloggeur, et son apparence physique. Parfois en bien (Jacques Chessex), parfois en mal (Amelie Nothomb). J'ai longtemps refuse de regarder a quoi ressemblaient Constance Chaillet et Steve Jones, a mon avis les deux plus belles voix de la radio. Avec un timbre de voix aussi beau, une elocution aussi claire, et un vocabulaire aussi elegant, Constance Chaillet ne pourra jamais etre autrement que miraculeusement belle. Bref, premiere revelation du jour donc, une demi-photo de moi qui risque de disparaitre assez vite de la toile.
2 - Deuxieme truc: j'ai joue Highway to HellFor Whom the Bell Tolls a mon premier concert. Je jouais (je joue toujours) de la batterie, il y avait Seb a la basse, Jean-Marc (aka Cyanur) Fabien de Canal+, et Eric aux guitares, Jerome au Casio, et Coco au chant. Heureusement, il n'avait pas encore vraiment mué. Je n'ai jamais plu touche terre apres ce live qui se solda par des trombes d'applaudissements, des filles en furie (meme des grandes de terminale), la gloire et le respect aupres de tous nos condisciples et enseignants. Si les chevilles ont desenfle depuis, je reste en manque perpetuel de cette adrenaline de concert. C'etait en 4eme, a la fete du lycee-college Ausone a Treves, le 12 juin 1993. On a mange un McDo en rentrant le soir apres le concert en se prenant pour des hardos. Un souvenir que je cheris particulierement.
3 - Je parlais plus tot du lycee Ausone de Treves, et cela m'amene a ma troisieme revelation du soir: je suis né en Allemagne, dans une belle region du Rheinland-Pfalz. J'appartiens a cette frange tres particuliere de la population francaise que sont les FFA (Forces Francaises en Allemagne). Mon pere enseignait dans l'ecole de la garnison. Je suis tres attache a ces souvenirs allemands, et ils suscitent chez presque tous les FFA une nostalgie forte et incomprehensible pour qui n'a pas connu cela. Presque rien ne reste de ces cités francaises ou nous avons habite, les ecoles, les magasins, les parcs de jeu, tout a ete rasé ou est en train de l'etre. Je garde une tendresse particuliere pour le cinema allemand (Schultze gets the Blues, Lola Rennt), la poesie allemande (Goethe, Shiller, Heine), les romans allemands (Heinrich Boll, Thomas Mann), et le vin de Moselle. Mais je me soigne.
4 - Toujours sans transition, quatrieme revelation, j'ai eu 19/20 au bac en histoire-geo. A cause de ce que j'expliquais dans la revelation numero trois, j'ai du emigrer a Thionville puis Metz pour le lycee. J'etais interne "au Fabert". Il souffle sur ce lycee un air napoleonien tres fort, a la croisee la discipline spartiate et l'esprit des lumieres. J'y ai tout appris, y compris a faire preceder les noms propres d'un article defini (ex: le Sebastien, la Stephanie). Du coup, j'ai eu 10/20 en patin a glace et encore, la prof m'aimait bien parce que je lui refilais toutes les cartes de telephone que j'epuisais a telephoner a longueur de soiree dans la cabine de l'internat. Je ne vous dirai pas a qui se destinaient tous ces coups de fil, curieux.
5 - Derniere revelation, je reve de travailler aux Nations Unies ou a la commission europeenne. Je suis tres idealiste, et je crois fermement que la politique est dans tout. Et ca valait le coup d'etre dit ici. Voila. Kofi or Angela, if you read this and you think I could be of any use, drop me a line: septembre@gmail.com.
J'oubliais, il faut que je choisisse cinq victimes.. le choix est rude. Allez: Friscoteque, Aelle, Zero, Sixtiz, et SOS. Evidemment, je n'enverrai rien, j'attendrai de voir s'ils y viennent tout seuls.
et
Comments
Ahhhh! ce fameux concert !!
Ahhhh! ce fameux concert !! que de souvenirs.
(d'ailleurs je n'ai plus aucune vidéo de ce grand moment. Dommage!)
Autre bon souvenir :
L'internat de fabert et sa planche de contre-plaqué en guise de sommier, la grande classe !!!
@+
fab
VHS
J'ai quelque part une cassette VHS de ce concert mon bon Fabien, filmee d'ailleurs par M'sieur Maurice. Je te la refilerai a notre prochaine rencontre, ou je la mettrai en ligne, mais il faudra que je fasse un gros noeud dans mon mouchoir pour ne pas oublier.
Et puis oui, la literie de Fabert et son charme rustique. C'etait vraiment sympa d'etre venu avec moi pour mon installation a l'internat; je nous revois encore, fourbus d'avoir porte les sacs, nous asseyant sur le lit dans un grand mouvement, et >chtoc< le grand coup dans les vertebres...
Aaaargh
Et dire qu'en lisant ton billet, au moment où j'ai compris que tu allais répondre à ce questionnaire que je vois circuler de blog en blog depuis quelques temps déjà, j'ai senti un frisson d'angoisse m'envahir et se cristalliser en un "Non, il a quand même pas fait ça..." Et bien si. Mon nom était en bas de la page, avec celui de quatre autres victimes. Plus d'échappatoire. Traître ! :)
groumph
Voila, j'ai répondu (ou presque). T'es content?
Pas tout trouve
J'ai pas tout trouve, mais je prefere garder le doute. Finalement, dans ce doux monde de pixels, cinq beaux mensonges valent largement autant que cinq verites peut-etre banales. Surtout toujours faire tourner les petites manivelles de l'imagination.