septembre

Massive Attack at the Warfield

J'ai été voir Massive Attack hier soir au warfield avec Mo. La salle était pleine à craquer, la scène aussi: dix musiciens. Bien sûr, Robert Del Naja était là, tout en finesse et en énergie, ainsi que Grant Marshall, quel géant lui. Quand les roadies sont venus pour installer les quatre pieds de micro sur l'avant scène, on se demandait bien pourquoi le micro était placé si haut, bien au dessus de la tête du monsieur qui préparait la scène. Quand Grant Marshall est arrivé sur scène, il a dû monter le micro encore un peu. J'ai lu quelque part qu'il mesurait sept pieds. Autant vous dire, un gratte-ciel. Martina Topley Bird était là aussi, maquillée avec un masque de zorro rouge pailleté. Horace Andy, classe en costume noir, et Deborah Miller en robe de diva complétaient le tableau. La formation était soutenue par cinq solides musiciens inconnus au bataillon: deux batteurs (l'un sur des pads, l'autre sur une caisse en plexiglass), un bassiste redoutablement fort, un guitariste, et un clavier bien multitâche. Le répertoire de Massive Attack a été ainsi servi sur un plateau d'argent. Le dernier album (phénoménal), l'entre-deux (avec Angel, ou Teardrop, le générique de House pour les serie-maniaques), et l'ancien avec Karmacoma ou Safe from Harm. Tout y est passé. En fond de scène, des panneaux d'affichages LED style aéroport faisaient défiler des dépêches, des statistiques, des informations, des images pixélisées. Je crois que Massive Attack est sûrement le groupe qui marie le mieux intelligence et énergie. Il y a un côté mystique et ultra-rationel dans leur façon de jouer, d'être complices, chaleureux entre eux et avec le public, tout en faisant gronder les grosses basses et les résonances de cave d'immeubles bristoliens. Aux anges, vraiment.

Le grand silence licencieux

Je crois qu'on peut parler de resignation, a ce stade. J'ai abandonne beaucoup de choses pour peut-etre en gagner d'autres. Peut-etre.

Heureusement que ma guitare est la, musicale et belle.

Negative tide

Half Moon Bay Negative Tide

Alignement astral aidant, le Pacifique a recule loin au large de la petite ville d'Half Moon Bay. Ces marees negatives permettent aux curieux d'aller fouler le recif, habituellement plonge sous quelques pieds d'eaux vives, a pieds secs.

Marcher sur un recif releve presque de l'experience mystique. De prime abord, il ne s'agit que d'un gros rocher couvert de mousses glauques. Puis en s'abimant un peu les yeux, on voit bouger des formes noires. On concentre son attention: une bete gluante a bouge, une anemone se retracte en suintant un peu d'eau. Puis on eloigne son regard, et on remarque alors que des millions de betes gluantes sont la, sous nos pieds, a vivoter sur leur caillou. Je trouve qu'il n'y a rien de plus vertigineux que de soudain prendre conscience d'une infinite de choses etranges qui n'ont cesse d'etre la et qui etaient pourtant invisibles au premier regard.

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Crunch

Tight pecks

Salle de sport, autrefois cinema, d'une belle et incongrue architecture andalouse. Souvent, des chiens sont attaches aux parcmetres juste devant, a se regarger tirer la langue dans l'inox d'une gamelle d'eau.

Meteo clemente sur une Californie ragaillardie par les promesses de la fin d'une presidence miserable. Pour les autochtones, le bilan de Dubya est mauvais sous tous les plans, zero exception. Un sans faute dans l'erreur avec en lettres capitales une recession durable, des guerres dans le Moyen Orient, et un bilan ecologique deplorable. Il va falloir sacrement bosser pour rattraper le coup, mais je ne m'en fais pas. Les Americains ont une prodigieuse faculte a rebondir.

Inculte!

Voilà que Zéro me demande de dévoiler à la face du monde mon insondable inculture. N'écoutant que mon courage, je vais dévoiler à la face du monde cette couche étalée très fine de culture qui ne me restera sûrement même pas quand j'aurai tout oublié.

Épreuve numéro une: le cinéma

Au classement des cent plus beaux films du cinéma, j'en ai vu seize. Transposé sur vingt, ça fait 3.2/20, autant dire: minable. Et dire que je perds mon temps à aller voir (au Kinépolis, tu vois le genre) une daube comme Australia... J'ai rarement vu un film aussi creux et ronflant. Je ne me souviens plus du dernier bon film que j'ai vu: La jeune fille à la perle? Blackboard jungle? Pas de printemps pour Marnie? Les grandes vacances? Bref: allez vous coucher. Sinon Netflix, c'est génial quand on a un petit bébé à la maison.

Deuze: les livres

Comme tout mauvais lecteur, je fréquente quelques livres, et j'en lis assez peu. Et comme tout lecteur snobinard, j'aime beaucoup les beaux livres en particulier ceux de chez Gallimard. L'odeur du beau papier et le plaisir des beaux ambages me comble autant que les bons mots. Dans les auteurs, j'aime assez les pointes sèches: Zola, Giono, Modiano. Le dernier me bouleverse presque physiquement. Sinon, le père Noël m'a rapporté un essai sur le pétrole en Lorraine. Une gourmandise. De la BD rigolote avec modération, du coffee table book aussi, mais sans les ramages qui vont avec.

Tertio: géographie

Drôle de rubrique. Est-ce que je connais mes départements, mes capitales, mes fleuves et mes montagnes? Moui, comme tout le monde. J'ai un peu de mal avec les nouvelles républiques soviétiques, euh, comme tout le monde. Sinon, rien ne vaut un bon voyage.

Quatrième manche: les mathématiques

N'en déplaise à mon prof de Math Spé, à l'auge duquel j'étais un cancre, je me suis toujours senti assez à l'aise en mathématiques. Je sais néanmoins que je n'ai pas la fibre des maths, celle que seuls certains génies possèdent et qui s'accompagne d'une faculté sublime de "voir" les abstractions. L'algèbre, j'aime et je comprends; j'ai toujours eu du mal en analyse. Dans mon boulot, il y a deux types d'ingénieurs: ceux qui ont une peur traumatique des maths et les autres. J'espère faire partie de la deuxième sorte. A part ça, cocorico, j'ai toujours eu l'impression qu'aux yeux du reste de la communauté scientifique, les français ont toujours leur réputation de fines lames des mathématiques. Moi, modestement, je bricole.

Et pour finir: cuisine

Ahem. On se débrouille, on ne meurt pas de faim... Des gâteaux, des crêpes, des trucs faciles. Faut pas avoir fait science-po pour savoir râper des carottes. Quand ma belle-mère a débarqué à San Francisco avec une cocotte minute high-tech, nous avons compris Hélène et moi qu'une étape importante venait d'être franchie dans nos vies: la fin du règne tout-puissant des pâtes à rien. Depuis, on grossit.

A vous Cognacq-Jay.

Porta Nigra

burnt ghosts

Pour envahir Trêves, il faut franchir les deux rangs d'arcades de la porte nord.

Passer la première porte est enfantin: sans qu'aucun défenseur ne fasse front, les verrous se plient sous le boutoir comme des betteraves gâtées. Les battants pivotent vite sur leurs gonds et font entrer les assaillants dans une petite cour intérieure. Face à eux, une autre porte infiniment plus solide. Les coups de belier les plus appuyés ne l'ébranlent qu'à peine.

Alors que les envahisseurs surchauffés exhortent au combat ceux qui fourmillent dans les coursives des étages, on referme et on verrouille les portes extérieures. Une bonne odeur de résine et de graisse brûlées se répand tandis qu'on verse par les étages de gros chaudrons de poix bouillante.

Antares Moon

J'avoue, je ne sais pas qui tu es, je ne me souviens plus du mot sur ton bureau mais une chose est sure: recevoir ton mail m'a fait grand plaisir. J'ai eu, pendant deux secondes, une sorte de grande aspiration vers le passe et le vertige de voir ce qu'on etait et ce qu'on est devenu. Et je ne soupconnais pas le bien que cela fait.

Dans le fond, ce qu'on est, on le reste. Il y a juste certaines cordes de la personnalite qui sont plus promptes a vibrer a certaines heures de nos vies qu'a d'autres. Merci.

Je reprends donc du service.

Robert Plant & Alison Krauss a Hardly Strictly Bluegrass

Robert Plant en vrai! Distingué et fringuant, le chanteur anglais de Led Zep et sa comparse ricaine Alison Krauss n'ont pas derogé a la regle du festival Hardly Strictly Bluegrass ("presque pas de bluegrass"), et ont melange allegrement les murder ballads, les lancinances du blues, et les coups de poing rock. La prestation a ete propre et nette: voix justes et claires, arrangements solides, spectacle impeccable.

Decidemment, ce Robert Plant aime jouer avec le public: alors qu'on lui connait quelques demeles avec Jimmy Page, guitariste de Led Zep, et que la question d'une tournee de Led Zep agace ;es deux musiciens, nous avons eu droit ce soir a trois reprises du Zeppelin arrangees facon bluegrass. "Black Dog" au banjo, notamment, ou comment faire ecarquiller 15000 personnes.

Foule
Foule compacte

Black Dog

Scene et arbre

Robert Plant and Co.

Yosemite Bug

Salut les couennes. Je suis d'assez bon poil ce soir, et pour cause: nous avons  passe un super weekend a aller gambader tout nus dans les forets et les prairies du Yosemite. Imagine-toi ca: ca fait sept ans que j'habite ici, et je n'avais jamais ete dans ce parc sublimissimement beau. Pourtant, j'ai deja sillone les routes Californiennes en long et en large, mais la, pas encore.

Eh bien voila, c'est fait. Check. Nous sommes donc partis tous les trois avec tout l'attirail et zou, vers l'est. On a casse-crouté dans un bled qui s'appelle Groveland (pas vu de presipaute), et s'il n'y avait pas eu quelques francaouis avec le routard dans la banane, on se serait cru dans Delivrance, un peu, genre. Se mefier de l'hospitalite rurale: dans toutes les campagnes du monde, un etranger est avant tout un objet de curiosite qui intrigue d'abord et qui ennuie tres vite. Mais ce n'etait pas notre cas, nous nous fondions dans le paysage, Fantomettes de nous.

On a dormi pres de Mariposa, dans une auberge de jeunesse. Le Yosemite Bug, un endroit genial ou les couch-surfeurs de tous horizons peuvent croiser des petites familles gentillettes en quete de camping facile. Chambre "Starr King", sur une deco tres reussie facon seventies (les vraies seventies, pas les fausses qu'on reedite). On se serait crus un peu dans la chambre qui est sur la pochette de Cosmos Factory. Je suis sur que Friscotheque aura des photos a vous mettre sous la dent, moi je prefere que vous imaginiez.

Les AJ sont des endroits ou les anecdotes surviennent a tout bout de champ. Moi, par exemple, j'ai pu mettre a profit mes connaissances rudimentaires de l'acoustique pour faire le son d'un gratteux ("Hans"), qui etait venu pousser la chansonnette et que le larsen poursuivait. C'est marrant quand meme, comme les vieux modeles sont tenaces: ce road bum du XXIeme siecle voyageait en Scion XB (si vous ne savez pas ce que c'est, tant mieux pour vous, ne cherchez pas a savoir), avec un MacBook et une carte son que j'en aurais bien fait mon quatre heures. A part ca, les chansons et les intentions sont les memes qu'en 1930. On a vraiment bien mange.

Le parc en lui meme est grandiose, sans aucune reserve. Je crois que ce qui m'a le plus impressionne, c'est de voir a la jumelle un tout petit point orange et noir, invisible a l'oeil nu, en train d'escalader la falaise El Capitan, tout seul au bout de son fil. Nous etions au pied meme de cette falaise, lui etait presque tout en haut. Ca m'a, comme dirait Stendhal, cristallisé. Notez que je m'ameliore en accentuation que je prends la liberte de restaurer quand ils me paraissent utiles. Sinon, dans un genre beaucoup moins sportif mais plus a portee, nous avons hiké comme disent les frenchies d'ici et vu des bestioles, en particulier un beau coyote en vadrouille.

En rentrant, fuite d'eau chez nous. Ca sent un peu le bois humide, on s'y croirait a nouveau. Heureusement, samedi on fait une raclette a la maison, ca devrait masquer toute autre odeur pendant un bon mois.

Le loup dans la bergerie

Lupus CanisOn assiste a une lente et sure erosion des systemes speculatifs. Mettons nos masques de Zorro et attendons, attaches a notre parcmetre.

Impressions argentines

Buenos Aires en aout, c'est la fin de l'hiver. Il fait frisquet avec un beau petit soleil rasant, et les caballeros s'installent aux terrasses, manteaux, chapeaux, espresso. Pres du cimetere des Recollets, dans le calme antique des tombeaux, on entend le printemps sourdre et le ronron des chats de cimetiere couvre le bruit des vieilles Peugeot qui criquettent dans les rues attenantes.

La perspective qui encadre le paysage dans lequel se plante l'Obelisco s'etire comme un long et large lezard. Sur les diagonales, les vendeurs de fleurs, de cartes postales, et de cacahuetes grillees, roucoulent sur fond de radio futbol. Les filles de tous ages sont fines. L'arete de leur nez coupe le vent. Les garcons ont de grands bras et des airs de petits pur-sangs.

Dans la pizzeria d'a cote, chez Romario, on joue les Cure a fond la caisse. La Brahma vendue a la choppe et -mieux encore- en bouteille coule fraiche et legere, avec un arriere gout de ferraille ou de sang caille. Le long du mur du cimetiere des Recollets, on croque dans de bons empanadas bien chauds, et les eclats de rires des gourmands prennent vie sous la forme de petits nuages de vapeur qui disparaissent aussitot.

Il ne se passe rien

Bizarre: il ne se passe rien.

C'est presqu'indecent de dire ca quand a chaque seconde, la somme de l'intensite dramatique de toute les emotions humaines eprouvees diverge vers les deux infinis. Au milieu de cette tempete, je dois etre proche d'un point presque fixe.

Bleu Majorelle

Villa Majorelle, Marrakech

Le bleu Majorelle brule le fond de l'oeil d'une lumiere franche et douce. Yves Saint Laurent voyait ce bleu en reve.

Benjamin Biolay, tu viens quand tu veux

Trash Yeye

 

Je trouve le dernier album de Benjamin Biolay genial. C'est bizarre, parce que j'ecoute tres peu de musique francaise. Mais la, j'avoue etre epate. Helene deteste, elle trouve que ca chanson pue la clope, moi j'adore. J'ai l'impression que Benjamin Biolay a beaucoup voyage avant d'ecrire cet album, qu'il est venu aux USA pour un road trip dans des coins paumes, qu'il a assimile tout un tas de choses qui ressortent subtilement dans ces chansons. Je trouve que malgre le cote brut du premier abord, c'est un album tres raffine, tout en nuances et en detours gracieux. Vraiment, je suis accroc.

Sur un tout autre sujet, on a ete voir Tete a la fete de la musique, Helene a poste des videos ici:

Une video de videotape

 

Radiohead a sollicite la creativite des internautes pour le clip de leur chanson Videotape. Cette chanson clot leur dernier album In Rainbows de la facon la plus esthetique qui soit. La chanson mele elements concrets, sons et melodies, avec une rythmique disjointe et impalpable, croisant et recroisant ainsi les limites de l'abstraction a mesure que la chanson s'etoffe.

Voici le clip qu'a invente un realisateur dont vous n'avez pas fini d'entendre parler, Arnaud Faure. Je trouve que ce clip s'harmonise parfaitement avec la musique, et meme avec toute l'ambiance de l'album. On y percoit tour a tour des elements figuratifs, des couleurs franches, puis on glisse vers les formes abstraites et les formules de couleur composees.

The most beautiful lying mouth of all times

portis HEAD RADIO HEAD radio HEAD portis portis HEAD RADIO HEAD radio HEAD portis

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Carte postale raturee

"Chers tous,

Petite pensee affectueuse des Woodlands ou je passe un agreable sejour, sous le soleil du Texas. L'ambiance est au rendez-vous, et j'ai retrouve mes amis rencontres l'annee derniere, fideles au poste! Seul ombre au tableau, le restaurant "Toscane" ne sert plus la pizza aux merguez que je mangeais tous les jours l'an passe. La piscine, elle, est toujours la. Gros bisous a tous, et surtout n'oubliez pas d'arroser les geraniums.

PS: sers-toi dans le frigo, sinon les yaourts seront perimes."

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Cheap gas is non-sense

Quand il fait beau a SF les couleurs saturent

Chers amis, ce n'est pas l'ingenieur petrolier qui vous parle, c'est le citoyen. On sort les clairons.
J'entends depuis quelques temps nos chers amis les Ricains geindre de la hausse du prix du petrole. Apres les sept plaies d'Egypte, la huitieme plaie ressemble fort a un choc petrolier de plus sur fond de crise du capitalisme financier. Eh bien moi, ce que j'en pense, c'est que l'essence est encore bien trop bon marche pour ce qu'elle coute en realite a la societe americaine.
Je coupe tout de suite l'herbe sous le pied a ceux qui pensent que je preche pour ma paroisse: faux archifaux, encore une fois, le debat public est si passionne et si politise qu'on ne comprend plus rien aux bases scientifiques et citoyennes de la question.
Pourtant, c'est simple et impopulaire: aux Etats-Unis, l'essence n'est pas assez taxee.
La seule vraie solution durable a la surconsommation energetique americaine consiste a taxer l'essence a des taux equivalents aux taux pratiques aux Pays-Bas, en Angeleterre, en France, en Allemagne (par ordre decroissant de taxation). Pour eviter que cette taxation ne fragilise trop l'economie, il faut reduire d'autant les prelevements sur le revenu. On encourage ainsi la creation de richesse et le travail, et on penalise la consommation energetique - une attitude a l'inverse de ce qui se fait pour l'instant ici.  Allez trouver le politicien qui se fera elire en disant ca...
On confond souvent la source d'energie et son moyen de stockage. L'hydrogene, par exemple, n'est pas une source d'energie - c'est une forme de stockage d'une energie venant d'ailleurs (en l'occurence, celle du charbon ayant permis la synthese chimique de l'hydrogene). Les energies fossiles sont a ce jour et pour encore longtemps le meilleur moyen de stocker de l'energie. Deux tiers du petrole americain partent en fumee aux pots d'echappements des voitures, des camions, des avions, et c'est un gachis scandaleux. Une autre fausse bonne idee: les subventions accordees aux particuliers pour installer des sources d'energie alternatives. Cela ne fait que reculer les echeances et cela fait investir dans des energies peu rentables, une charge financiere et technologique a trainer sur le long-terme.

Trois scenes lorraines (en noir et blanc)

Stewball was a good horse Un cheval modeste, bouche ecumante dans le soleil frais du matin. Un petit ruisseau coule au bout de son enclos, et apres la chute de gresil, l'eau affleure et le terrain devient gras. Il a les sabots qui collent et compte ses pas. Personne ne brosse ce cheval, et il ne s'en porte pas plus mal.
 
Lignes a haute tension Lignes a haute tension, sur champ de colza en herbe. Une etude recemment publiee indique qu'a proximite de telles lignes, les chances d'attraper un cancer sont multipliees par douze, idem pour les migraines et les defaillances d'appareils electriques. Le colza est toxique a haute dose aussi.
A la sortie de l'avion Embraer ERJ135, affrete par Luxair. Trente-sept places. Il faut mettre les gros bagages cabine dans la soute, en echange d'un petit ticket bleu. On mange des bonbons au cafe delicieux de la marque Trefin.

 

Paris en quatre images

1- Les Champs, toujours aussi beaux. On ne sait plus faire les perspectives, de nos jours. On cherche la ligne brisee, les formes compliquees. Rien de tel qu'une ligne claire.

La neige, la route

Avancer dans le flou

En Lorraine, le mois de mars est une saison a lui tout seul. Deluge de neige, bruine, arc-en-ciel, soleil; tout ca a deux heures et cent kilometres d'intervalle. Nous allons et venons sur de long troncons de routes moelleuses, dans un air frais et piquant qui me plait beaucoup et qui me manquera plus tard, je le sais. Je rentre rarement en France au mois de mars. Je suis ravi d'y etre, et j'aimerais y rester encore.

This Metz we're in

Le depaysement est parfois la ou l'on ne l'attend pas. Je me suis senti completement etranger a la ville dans laquelle j'errais cet apres-midi, Metz pour ne pas la citer.

Message subliminal

Wahhhhhhh wahhhhhhh

Les nuits sont courtes comme cette phrase.

Entre deux cahots sur le Bay Bridge, je teste ma capacite a microsiester dans le bus. Je podcaste "les lundis de l'histoire", et je ferme les yeux en ecoutant les voix de personnes agees. On palabre sur la filiation inavouee de Charles VII, son role d'instigateur de l'armee de metier, de l'impot, et de toutes ces choses etranges qui semblent vieilles comme la lune.

Quand j'aurais le temps, je voudrais aussi adresser une longue lettre a Europe 1, a France Culture, a Inter. Ces radios me fournissent quotidiennement des heures d'emissions de qualite. Je n'ai d'ailleurs jamais trouve la radio aussi moderne qu'en ce moment.

En ecoutant la radio, je reve.

Note pour plus tard:
Stratocaster micro manche -> Big Muff Pie sustain au quart -> Wah -> Ampli en crunch
Simple et explosif

White light

Oh my, that bright white light

C'est le printemps ici, on fait le menage.

Et pan.

La bonne resolution du jour: importer tous les posts de mon vieux blog, qui trainait avant sur un pseudo truc tout moche de Wordpress. Maintenant, tout est la, et en haut, quand on clique dans la barre de navigation sur "archives". Avec un peu de chance, j'arriverais a trouver le temps de creer des pages avec des liens qui mettent un peu d'ordre dans tout ce cyber bordel. Mais dans le fond, le desordre ne m'a jamais trop derange.Tiens d'ailleurs, toi qui tiens ton blog a jour, tu devrais de temps en temps voir ton site apparaitre dans la rubrique des blogs-qui-sont-a-jour la dessous.

Je signale au passage ce nouveau site super et plein d'infos: Expat mom in SF (bon, pas encore, mais ca vient).

Sinon, IN RAINBOWS, toujours et encore. La claque a chaque fois.

D'ou les couleurs criardes. C'est le seul truc qui me parait bizarre: la pochette un peu trop criarde sur fond noir.

Encore un truc de Hype Machine (site genial): la pompe moderne (ex-the Brassens) reprend Daft Punk. Del-icio-us comme on dit avec des carres autour!

Remettre le corps a sa place

Internet rapproche les gens, lieu commun qui commence a me fatiguer.

C'est interessant de constater que d'abord, ce rapprochement n'est pas nouveau et que deuxiemement, ce rapprochement se fait a part egale au detriment d'eloignements.

Rien de nouveau: internet permet juste une experience un iota plus realiste de la proximite. Les distances de communication ont deja ete distordues par le courrier ou le telephone, et nous passons, grace a internet, a un equivalent d'adolescence de l'ere de la communication. Le supplement de realisme qui mobilise enormement de ressources, n'est que tres relatif. Il faut, pour communiquer via internet, autant de faculte d'abstraction qu'en lisant une lettre typographiee. Deux elements sont neanmoins nouveaux, et illustrent le parallele avec la transition adolescente: la distanciation avec le reel (et la conscience de l'existence de l'imaginaire, et par le jeu de l'anonymat, du travestissement), et la soif d'immediatete. J'aime d'ailleurs beaucoup l'expression "en temps reel", assez revelatrice de ce catalyseur de communication qu'est le temps court.

Ensuite, se rapprocher de personnes reelles ou fantasmees loin de soi represente un investissement d'une valeur qui n'est pas elastique: le temps. On souffrait deja de ce symptome avec le telephone, qui permettait de parler aux personnes eloignees au detriment de conversations avec les personnes physiquement proches. Mais avec internet, on ne se limite plus aux personnes connues, on ouvre la sphere de ses contacts a des anonymes en cohortes. On entre de plain pied dans une arene ou la communication se soustrait a des regles tellement complexes qu'il est difficile (et secondaire) pour un neophyte de savoir a qui on s'adresse. La psychologie d'un avatar meriterait d'etre etudiee. Ce serait surement une premiere.

Les consequences de ce nouveau mode d'interaction sont encore embryonnaires. On percoit deja tous une perte significative de la qualite de communication due a l'immediatete. Je ne parle pas ici de la perte "formelle", meme si j'avoue preferer une lettre parfumee a un msg texto, je parle de la substance communiquee. Le triptyque "T'es ou? tu fais quoi? t'es avec qui?" revele le coeur meme de la preoccupation infantile et informative qui nourrit beaucoup de conversations. A reiterer infiniment des questions sans importance hors de soi, l'outil de communication perd en qualite, et insidieusement, les elements centraux et constitutifs d'une civilisation se deprecient. L'art fond dans la culture, les idees fondent dans les emotions, les evenements fondent dans l'actualite. Le tout-present horizontalise. Ensuite, on observe une perte de qualite due a l'usage malicieux de la faculte d'anonymat. Les consequences de cette observation sont terribles et vont surement alterer en grand la conscience des nations. En effet, la mefiance de la falsification discredite l'imaginaire. Le domaine de ce qui n'existe pas se reduit vite, et a rendre tout tangible, on est en train de perdre cette trame d'ideal indispensable a la fondation et au jugement du reel.

La mise en reseau des consciences, Graal qui a nourrit les idealistes de la toile a ses debuts, semble desormais improbable, voire dangereuse.

Fils de Thesee et d'Antiope

Hippolyte, San Francisco, ciel de tempete

"Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur".

 

 

Embrassades enflammees

Hellish sky
1er janvier 2008, San Francisco

 

Comme on est parfois naifs de croire que tout ce qu'on nous montre est faux, truque, arrange. La realite se presenterait a nous toute nue que nous nous mefierions encore trop pour la reconnaitre, encore moins pour l'admirer. Il suffit de lever les yeux au ciel pile au bon moment pour y voir des choses un peu extraordinaires. Remarque, en 2007, etant donne que Ducroc est mort, plus personne ne se decarcasse. En 2008, tout change.

 
 
Alors bonne annee.

 

Et comme le dit Phillipe Katerine, mon idole en slibard rose: En 2008, les gens se croisaient dans les airs, au volant de coleopteres supersoniques et silencieux...

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